L’interopérabilité au service de la santé au travail

L’innovation est un enjeu essentiel pour la santé au travail, afin de bénéficier des technologies les plus récents (bases de connaissances, télémédecine, Intelligence Artificielle…), afin de s’adapter aussi à un monde qui bouge, de plus en plus mobile et connecté à ses données, à un monde toujours plus complexe.

L’interopérabilité des logiciels est une étape préalable, indispensable puisqu’elle permet à chaque service et au gré de ses besoins, de compléter son parc logiciel et d’enrichir ses données, médicales ou administratives, dans le cadre réglementaire défini par le RGPD et les normes HDS, pour une meilleure prévention des salariés et de leur santé au travail.

Le premier frein à l’interopérabilité n’est pas technique mais humain, parce que ce n’est pas dans les pratiques des équipes médicales et techniques de partager leurs informations.
Un travail de pédagogie est nécessaire pour expliquer que l’interopérabilité ne revient pas à ouvrir son système aux quatre vents mais qu’elle répond à des règles précises qui l’encadrent strictement.

Sur le plan technique, l’interopérabilité consiste à définir des interfaces qui sont comme des prises électriques avec lesquelles on branche un appareil sur un circuit, ou encore un câble standard qui va permettre de relier 2 machines (logiciels et/ou bases de données).
La difficulté technique est levée grâce à une définition claire :

  • des données échangées : adhérents, salariés, dossiers, visites…
  • de la chaîne de responsabilité qui lie chaque acteur à son sous-traitant
  • d’une architecture basée sur un standard Internet, sachant qu’il en existe deux (API REST/Json et Web services Soap) et seulement deux.

L’échange doit être réciproque : chaque acteur publie ses API pour donner accès, selon des habilitations précises, à ses données et, inversement, il peut accéder aux API de son partenaire.
Plusieurs éditeurs de logiciel sont déjà convaincus et ont publié leurs API. D’autres acteurs ont encore un effort à faire.

L’interopérabilité n’implique pas forcément d’utiliser le n° de sécurité sociale pour identifier chaque salarié. L’utilisation de cette donnée n’est pas encore validé, et, même lorsqu’elle le sera, le délai nécessaire à l’alimentation correcte de cette donnée pour les millions de salariés prendra un temps non négligeable.
L’utilisation du nom, prénom, date de naissance et N° de mobile d’une part, des données anonymisées de l’autre, doit permettre d’avancer sur la voie de l’interopérabilité sans attendre.

L’interopérabilité doit dépasser le stade de l’incantation et devenir un champ d’expérimentation et de mise en œuvre, comme l’a recommandé le rapport Lecocq.
C’est à la charge des éditeurs de l’impulser et à celle des SSTI de les stimuler.

A titre d’exemples :

  • VAL Solutions et Tsoon ont déjà interfacé leurs logiciels
  • Trustteam et Intersysteme l’ont fait aussi, et Tsoon les rejoint bientôt.

Quel intérêt pour le médecin ?

  • Avoir accès aux données consolidées, partages, enrichies
  • Avoir accès à ses information depuis son téléphone mobile
  • Enrichir ses pratiques avec le retour d’expériences de ses confrères : fiche entreprise, évaluation des risques, déterminants de santé…
  • Respecter la réglementation changeante et participer activement à son changement
  • Améliorer l’image et l’attractivité de ce beau métier.

Quel risque à ne pas faire ? Rester dans une logique dépassée où le médecin est seul (maître) à bord.

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